Musée d’Art et d’Histoire de Cholet
exposition
de l’artiste odon : 26 juin-7 novembre 2010
Pour son exposition estivale, le Musée d’Art et
d’Histoire de Cholet (49) présente à compter du 26 juin 2010 un
ensemble d’oeuvres de la production des quarante dernières années
de l’artiste odon. L’exposition revêt un caractère rétrospectif,
de sa période figurative des années 1970 à ses créations
abstraites les plus récentes. A travers l’exposition, odon,
créateur insolite, invite à l’extase autant qu’à la méditation.
Un parcours tout en Tissages et Métissages
Avec odon, le tressage est devenu une forme de création
artistique à part entière. Ses oeuvres sont présentes dans de
nombreuses collections de par le monde. Infatigable, l’artiste
pousse toujours un peu plus loin sa recherche esthétique. Il a
également collaboré avec de grands créateurs (Pierre Alechinski,
Jean Messagier, Arman, Jean Bazaine, Henri Cueco, François
Morellet, Pierre Soulages...) pour nous offrir les "métissages",
des productions originales.
Mais avant d’être passé maître dans l’art du tressage, odon qui
s’appelait alors Guy Houdouin, a produit des toiles, des boîtes ou
encore des pliages. Là a pris corps, à force de cris et de
déchirements, le monde d’odon.
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L’intensité des couleurs
La couleur est partout présente. Le rouge, le bleu et le jaune
s’affrontent, se côtoient et s’entremêlent pour faire éclater une
palette inépuisable. Les couleurs primaires accompagnent l’artiste
tout au long de son travail.
S’il fallait souligner une rupture, on citerait le temps de la
figuration et celui de l’abstraction. Mais il est tout aussi
justifié de repérer comment représentations humaines et cercles
rayonnants renvoient l’un à l’autre, comment entrelacs noueux et
rais de lumière tressés cultivent une parenté.
Les tableaux et les tressages d’odon questionnent l’homme. Au
tourment succède une grande sérénité. La maîtrise des
combinatoires chiffrées débouche sur un univers apaisé qui associe
intimement le fini et le vide, le délimité et l’insondable.
Les quatre-vingt oeuvres sélectionnées pour cette présentation
choletaise, cherchent à rendre sensible la cohérence d’un
parcours. L’artiste odon apparaît en filigrane chez Guy Houdouin.
Chez l’un comme chez l’autre, émerge un univers foisonnant et
envoûtant qui transporte le visiteur.
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Contact presse : Véronique BONNET -
vbonnet@ville-cholet.fr
Parcours de l’artiste
odon (Guy Houdouin), est né en 1940, au Mans.
Jusqu’en 1997, il a signé ses oeuvres Guy Houdouin. Depuis, il signe
odon, épure de son patronyme ou odon comme Saint Odon de Cluny,
manceau comme lui, auquel il se réfère quand il parle de méditation
et de pratique spirituelle.
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odon dans son atelier à Nogent - 1993- Au mur le métissage
réalisé avec Morellet |
Un cheminement libérateur vers une intériorité
apaisée
odon commence à peindre très jeune. Il entre aux
Beaux- Arts d’Angers, à seize ans, de 1956 à 1958, puis aux
Beaux-Arts du Mans (CAFAS en 1959), enfin aux Beaux-Arts de Tours de
1959 à 1961. Après un diplôme national de gravure, il achève sa
formation à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris et s’installe
dans la banlieue parisienne, à Nogentsur-Marne.
De 1959 à 1965, il peint des paysages, des natures
mortes à l’huile sur toile, dans des tonalités plutôt sourdes.
Des trous au tressage Autour des années 1970, il commence à
travailler à l’acrylique sur papier marouflé sur bois, des scènes
inspirées d’événements de l’actualité politique. Ses couleurs
deviennent plus violentes, expressionnistes. Ses oeuvres, dans
l’esprit du groupe Cobra, laissent apparaître l’angoisse, les
tourments d’un emprisonnement psychique.
Une peinture exutoire qui le libèrera. Y naviguent
des entrelacs, des tentacules qui emprisonnent en chaînes et
dessinent ce qui peut préfigurer des trous.
Apparaissent ensuite les superpositions de papier
marouflé sur toile, autorisant le percement effectif de trous en
surface.
Dans les années 1973-1975, il raconte des histoires
de ciseaux, animées d’ectoplasmes-pantins médaillés, enfermés dans
des carapaces de tortue, pleurant des larmes de sang malgré leurs
lunettes, liés-ligotés par des rubans, des ficelles qui roulent et
s’enroulent, parfois réelles, parfois en trompe l’oeil. Petit à
petit, ces personnages libèrent leurs bras. Leurs cheveux surgissent
et se tressent.
Dans la période qui suit (1976-1977), il travaille
sur des feuilles format raisin qu’il peint recto verso et qu’il
découpe et plie, en lamelles. La feuille peut se reconstituer telle
qu’au départ.
En 1976, le tressage, d’abord anecdotique, devient
essentiel, mais subsiste encore, au centre, un visage, qui bientôt
va disparaître. “Dès que j’ai enlevé la figure, c’est devenu une
roue dont les rayons se sont mis à éclater” explique-t-il.
Patak II, les années 1980 Patak, plus précisément Patak II, lui,
demeure. Ce personnage, odon l’a inventé aux alentours de 1970. Un
magicien, un sage-guerrier précolombien ou tibétain peut- être, qui
lui ressemble et qui va devenir le mythique fil conducteur de toutes
ses oeuvres.
L’usage des tresses libère l’artiste, dont les
oeuvres atteignent désormais une grande sérénité.
A partir de 1979, il abandonne tout ce qui fait
référence à la figuration, pour se consacrer à la spiritualité. Son
art suit un parcours logique, fondé sur la réflexion intérieure, sur
un travail de minutie et de patience propice à la méditation.
Aux environs de 1978 et jusqu’en 1985, il commence à
tresser des roues, des rouelles plates, probables symboles solaires.
Leur surface épouse le léger relief du tressage. Leur centre, d’où
naissent et rayonnent les tresses, retient particulièrement
l’attention de l’artiste. Les Roues, achevées ou inachevées, sont
réalisées en papier Canson peint recto verso à l’acrylique. Il
utilise le plus souvent trois couleurs : le rouge, le bleu, le jaune
que leur interaction apaise.
En 1985, un grave accident de santé - une mort
clinique - le prive de sa dextérité de “vannier”. Dans cette période
de transition, odon travaille des “étoiles”, des “soleils” à partir
de sept feuilles de Canson colorées recto verso, disposées en
éventail fermé, découpées, pliées et imbriquées en éclats de
couleurs, suggérant une vision kaléïdoscopique.
Les grands krafts
En 1987, il change de matière et utilise désormais
comme support un papier kraft qu’il peint recto verso, qu’il découpe
en bandes à la main, puis vrille, dévrille et re-vrille, qu’il
humidifie pour assouplir et, enfin, tresse.
odon tresse, tresse à l’infini, tresse de grands
krafts qui, en 1989, deviennent monumentaux. L’oeuvre est
volontairement réversible.
Le nautile, coquille spiralée et cloisonnée, est
alors sa forme de prédilection. Peut-être parce que le mouvement de
la spirale est infini, ouvert sur l’univers où filent les comètes,
peut-être parce qu’elle porte le poids de symboles ou de mythes.
Peut-être parce que son cloisonnement se superpose à ces faisceaux
de rayons en expansion qui structurent les oeuvres d’odon : cinq à
sept au centre, se multipliant au fur et à mesure du développement
de la spirale pour conserver leur écartement.
Le nautile est sans fin, en perpétuel devenir, juste
ponctué de légers éclats de papillotes, de papillons, ou de feuilles
de ginkgo.
odon ô en couleur
Même si elles sont achevées, ces oeuvres, en
perpétuelle expansion, ne sont jamais terminées, l’artiste les
reprenant à sa guise lorsqu’il le souhaite.
A cause de la torsion des vrilles, la structure est
plus épaisse, surtout entre 1990 et 1993, le relief est plus marqué.
La troisième dimension intervient, apparentant l’oeuvre à un
bas-relief. On sent la tension, la contrainte, une force qui ne
demande qu’à s’échapper, mais une force d’expansion, pas de
dispersion.
Les couleurs sont modifiées par la nature, le
mouvement que subissent les tresses. Dans les premières années, peu
nombreuses et sourdes, elles sont “amoindries” pour davantage
d’absolu. Plus tard, elles se libèrent, s’enrichissent,
s’intensifient.
D’abord très denses, les spirales s’aèrent. De trous
en trous, de vide en vide, de jours en jours, elles ressemblent
bientôt à des filets, à des dentelles arachnéennes.
La fascination du vide
Depuis, Patak II a disparu. Il a disparu quand
Houdouin est devenu odon , quand l’artiste a choisi de se vouer à
l’essentiel.
Le vide, le trou, le jour ont exercé sur odon une
fascination de plus en plus forte. Dans la logique d’une maturité
atteinte dans un patient silence, odon se consacre aujourd’hui à
l’immense richesse du vide. Car “le vide est positif, il contient le
germe de l’absolument neuf” écrit Michel Seuphor. L’extrême
concentration sur un seul motif, “fut-il le plus pauvre, le plus
sommaire… évite la dispersion et aiguise l’attention”. D’infimes
changements, qui paraîtraient insignifiants à un oeil non averti
marquent ainsi, chez lui, une immense progression.
Il réalise de nombreux dessins, estampes et fait des
recherches sur les rayons, des calculs mathématiques.
La série de petits krafts, Les Étincelles, est un
travail de recherche destiné à éprouver la résistance du tressage au
petit format.
Les dessins
Ce sont des notes, témoignant de découvertes
théoriques, aboutissement d’un angle de recherche dont on ne
retrouve pas forcément trace dans le kraft. Ils n’ont souvent rien à
voir avec l’exécution.
Il travaille aussi sur des calculs mathématiques
dont l’abstraction, l’ascétisme le touchent et sur ces rayons,
ossature et support de l’expansion finie-infinie de l’oeuvre.
Les estampes
Pour la réalisation des matrices de ses gravures, l’oeuvre
de base est toujours le kraft tressé, non peint. C’est l’imprimeur
qui l’enduit d’une couche de couleur et la passe ensuite sous la
presse. L’empreinte peut être exécutée recto verso. L’estampe est le
plus souvent monochrome.
Un travail d’ouvroir
L’oeuvre d’odon n’est pas de rupture, mais de
continuité, continuité entre les gestes d’un artiste contemporain et
ceux d’artisans passés ou lointains. C’est un travail qu’il veut
humble et patient, fait de cette lenteur dense et habitée qui mène à
la méditation. Un travail d’ouvroir, illuminé par l’accumulation des
calmes efforts qui l’imprègne.
“Le temps que l’on prend à tresser est plus
important que le résultat”,
dit-il, car c’est un temps mystique. Dans ce travail de tressage,
les doigts s’activent, comme sur un chapelet, pour dessiner des
croix, des cercles, des spirales.
Une seule oeuvre à la fois, pour
condenser son intensité, son unicité.
Jeu de patience, jeu de solitaire, où intervient
l’ésotérisme des chiffres et du calcul mathématique. Ascétique. Un
jeu préalablement contrôlé pour plus de ferveur, de discipline
monastique. Ou parce que la création naît dans la contrainte.
Odon pourrait faire sienne cette phrase de Georges
Braque
“J’aime la règle qui corrige l’émotion. J’aime
l’émotion qui corrige la règle”.
Service Presse
Véronique BONNET
e-mail : vbonnet@ville-cholet.fr
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